Faux diplomes

Faux diplôme

Formation – Les écoles sont toujours plus vigilantes envers les usurpations de qualifications (Article 20 minutes du 19 février 2013)

Mentir sur ses diplômes peut mener au tribunal. D’autant que les écoles lilloises sont plutôt vigilantes. Un candidat à l’embauche l’a appris à ses dépens ces dernières semaines, après avoir usurpé le titre d’ingénieur de Centrale Lille pour décrocher un job
dans une entreprise du secteur agro-alimentaire. «Le rectorat nous a confirmé avoir porté plainte pour faux et usage de faux en écriture publique», explique Frédéric Despres, directeur général des services à Centrale. Une qualification qui, si elle est retenue, peut valoir jusqu’à 150 000 € d’amende. Il faut dire que l’individu avait produit un diplôme assorti de fausses signatures du directeur de l’école et même du recteur… «Un cas exceptionnel», assure Frédéric Despres.

Postes à responsabilité

Mais à l’Edhec (business), on confirme quand même rencontrer «quatre à cinq cas» d’usurpation chaque année. «Certains cabinets de recrutement anglosaxons vérifient systématiquement», confie Bruno Mayeur, directeur des études à l’Edhec.
Car la tentation est parfois grande pour les candidats: «Le diplôme sert un peu de présélection, alors certains essaient de contourner ce filtre», estime Pierre Mathiot, directeur de Sciences Po Lille.

Dans le cas de Centrale, ce sont les intitulés de filière «erronés» figurant sur le diplôme qui ont instillé le doute. «Mais ce sont surtout les grandes entreprises qui prennent la peine de vérifier, pour des postes assez élevés», assure Maurice Van Malleghem, à la scolarité de l’ISEN (électronique). Ainsi à la direction régionale d’Orange, les vérifications se font surtout sur les postes à responsabilité. «Souvent, précise l’opérateur télécom, le partenariat avec les écoles et les formations nous permet de déceler rapidement quand on a un problème». Il reste les cas difficiles à contrôler, comme ces faux diplômes de Sciences Po Lille qui ont circulé en Chine il y a quelques années. «On s’est rendu compte qu’un étudiant avait mis un PDF de son diplôme sur Internet, dont se servaient les faussaires», explique Pierre Mathiot. On ne peut pas tout maîtriser.

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